EXPOSITION « ALEX DANS LA ROYA »

EXPOSITION « ALEX DANS LA ROYA »

"Alex dans la Roya"
Exposition du 1er au 23 octobre 2021
Chapelle de la Miséricorde à Breil-sur-Roya
 
 
 

" Ce fut l’histoire d’un reportage pour le journal pour lequel je travaille : Le Figaro Magazine…

Le 3 octobre, ce fameux samedi, l’application radio de mon iPhone, le haut-parleur sur “on”, donnait des nouvelles du passage de la tempête Alex sur les Alpes Maritimes. Je me réveillais au mauvais son de ce téléphone acheté en solde 4 ans plus tôt : il était 6h du matin, la vallée de la Roya était largement touchée, la radio ne donnait pas trop de précision, je décidais alors d’enfiler un jean’s, des baskets, de prendre mon sac photo direction Breil sur Roya.
Je venais d’atteindre le col de Brouis, planté entre les deux vallées de la Bévéra et de la Roya — la descente sur Breil devenait de plus en plus difficile. A certains endroits la boue avait envahi le bitume, à d’autres un arbre, des rochers barraient la route, plus bas un poteau de la compagnie d’électricité était au sol, les câbles trainaient dans ce mélange de tourbe, de terre et de morceaux d’arbres. La descente vers Breil fut difficile, il a fallu m’arrêter à plusieurs reprises pour dégager une partie de la route.
J’étais de plus en plus inquiet sur ce que j’allais trouver une fois arrivé dans la vallée : à ce moment-là je fus loin d’imaginer le spectacle dramatique qui allait me dévaster intérieurement.
Mon père était de Breil, j’y passais toutes mes vacances, nous habitions un petit appartement placette Rousse à deux pas du barrage qui retenait l’eau de la Roya pour former ce petit lac magnifique qui donnait au village un charme pittoresque aux allures savoyarde.

Je posais ma veille Ford Fiesta dans un coin du parking de la gare, là où les pompiers commençaient à entreposer matériels et camions, je descendais à pied, le cœur lourd, en direction du pont…
Dévasté, la Roya avait tout emporté dans une violence inouïe — plus de stade, plus de tennis plus de route sur la berge qui donnait sur le lac, le pont bloquait des arbres entiers transportés par les eaux en furies. Des carcasses de voitures, comme des compressions de César étaient posées sur quelques rochers dans ce qui restait du lit de la rivière, il n’y avait plus d’eau.
La boue était montée à plus de deux mètres de hauteurs sur le boulevard Rouvier en emportant sur son passage des dizaines de voitures enchevêtrées les unes dans les autres et en partie enterrées dans cette boue épaisse. La place Biancheri était elle aussi envahie par la boue qu’avait laissé la montée violente des eaux.
J’avais les larmes aux yeux, le village de mon enfance était en partie dévasté, cette vison d’apocalypse m’empêcha pendant presque une heure de faire des images, de juste faire mon métier.

J’allais passer un mois dans la vallée à photographier ce désastre sans fin, à photographier ce que “ALEX” allait détruire et abandonner aux habitants de la vallée, à faire des images des secours venus de toute la France : une solidarité qui allait donner du courage pour avancer.
Cette exposition rassemble les principales images de ces jours passés à Breil, Fontan, Tende, et sur les draisines de la SNCF à raconter cette catastrophe avec beaucoup d’humilité, d’émotion et de respect de tous ces sinistrés qui pour certains ont tout perdu.

Cette exposition sera montée pour la date anniversaire de la tempête, avec la collaboration de la Ville de Breil, de son maire Sébastien Olharan et le soutien de la Communauté de la Riviera française et d’autres partenaires.
Les photographies de cette exposition seront vendues et à la disposition des acheteurs à la fin de l’exposition au bénéfice des sinistrés, sous forme de dons reversés à la reconstruction de la vallée."

Date

1 octobre 2021

LIEU

BREIL-SUR-ROYA